Introduction
En s’appuyant sur l’Énoncé de position et recommandations sur les réponses à l’insécurité alimentaire et sur notre rapport conjoint avec Santé publique Ontario, L’insécurité alimentaire et l’abordabilité des aliments en Ontario, cet appel à l’action renforce et amplifie la nécessité d’adresser l’insécurité alimentaire des ménages’ (IAM) à l’aide de politiques sociales et économiques conçues spécifiquement pour cibler sa réduction. Il est inacceptable et inapproprié que le secteur caritatif et les programmes alimentaires communautaires, y compris les programmes d’alimentation saine pour les élèves, soient chargés de répondre à cette crise. Nous demandons des politiques économiques et sociales qui s’attaquent directement aux causes profondes de l’IAM et qui privilégient les solutions fondées sur le revenu plutôt que sur l’alimentation.
Communautés privées d’équité
L’IAM est fortement influencée par des facteurs interdépendants tels que le revenu, l’éducation, l’emploi, l’origine ethnique, le genre et les capacités. Ces facteurs déterminent la position socioéconomique au sein des hiérarchies sociales, économiques et politiques, et influencent l’accès aux ressources telles qu’un revenu adéquat et une alimentation saine. Les personnes et les familles ayant un statut social inférieur sont souvent confrontées à des obstacles systémiques, à la discrimination et à une réduction du pouvoir, ce qui augmente leur vulnérabilité à l’IAM. Il est démontré que l’IAM n’affecte pas toutes les communautés de manière égale. En raison du racisme systémique, de l’oppression et des répercussions historiques et actuelles du colonialisme, de nombreux peuples autochtones et racisés font toujours face à des obstacles qui exacerbent la pauvreté et les inégalités matérielles et de santé. Ces inégalités se traduisent par des taux plus élevés d’IAM chez les Noirs (46,7 %) et les Autochtones (39,9 %) en comparaison aux Blancs (21,6 %), ainsi que chez les travailleurs racisés, en particulier ceux qui occupent un emploi à faible revenu, à court terme, à temps partiel ou précaire. Cette vulnérabilité est exacerbée en plus par l’isolement géographique, qui rend beaucoup plus difficile l’accès à une alimentation saine et abordable pour les Premières Nations et les communautés éloignées ou accessibles seulement par avion. Les obstacles au transport et le nombre réduit de détaillants en alimentation signifient que ces communautés sont confrontées à des inégalités que les résidents urbains rencontrent rarement.
Recommandations pour lutter contre l’insécurité alimentaire des ménages
L’IAM doit être abordée par le biais d’interventions politiques systémiques et fondées sur le revenu. L’ODPH appelle à des actions gouvernementales ciblées (aux niveaux provincial, fédéral, et intergouvernemental) sur cette crise croissante, selon les recommandations suivantes.
Niveau provincial
- Assurer l’adéquation des programmes d’aide sociale.
2. Assurer l’adéquation du revenu d’emploi.
Niveau intergouvernemental
- Reconnaître et agir sur les inégalités structurelles qui touchent les Noirs, les Autochtones et les autres groupes racisés.
2. Soutenir les communautés autochtones à définir la souveraineté alimentaire et à progresser dans l’autodétermination de leurs systèmes alimentaires.
3. S’assurer que les allocations familiales permettent aux ménages avec enfants de sortir de la pauvreté.
Niveau fédéral
- Intégrer des objectifs mesurables de réduction de l’IAM dans la Stratégie canadienne de réduction de la pauvreté.
2. Veiller à ce que les Canadien(ne)s en situation de handicap en âge de travailler (18 à 64 ans) puissent sortir de la pauvreté.
3. Établir un revenu de base égal ou supérieur au seuil officiel de la pauvreté du Canada pour les Canadien(ne)s en âge de travailler (18 à 64 ans).